« NURSE JONES »

la Liste

COLONNE UN

Récit érotique

Découvert sur le Net et traduit de l’Américain

(Middle West)

par

Cyprien LURAGHI

 

© Pierre Favre

 

 

 

Préface du traducteur

            la Liste est apparue sur Internet en 1991, sur le groupe de discussion Alt.sex.bondage, qui n’était consultable alors que pour une toute petite minorité – scientifiques ou informaticiens, pour la plupart. J’ai retrouvé ce récit (qui offre toutes les apparences de la réalité) en novembre 99, au fin-fond d’archives périmées. la narratrice découvre Internet en cours de rédaction. la Liste est le reflet de choses révolues ; ainsi elle est extrêmement ringarde par certains côtés, et aussi peu conventionnelle que possible. Et inclassable. Ça va très loin et en même temps c’est gentil. Un drôle de qualificatif pour un récit sadomasochiste pur jus. Il y a quelque chose qui ne colle pas dans la Liste. M n’entre pas dans le moule (et pourtant…) et puis elle nous fait rire. Et nous émeut, aussi. Et nous fait des choses. Nous touche.

            Apparemment, il n’existe plus guère de lieux sur Internet pour consulter la Liste : la censure a sévi, semble-t-il ; ou bien c’est l’oubli, le peu de persistance des mémoires électroniques. C’est aussi très certainement le plus long récit autobiographique qui fût jamais posté sur Internet – près d’un demi-million de caractères. M se régale à écrire, c’est évident, et nous aiguise les papilles du cerveau. On la sent se mettre à l’aise au fil des pages – je devrais dire : des écrans successifs – et nous apprendre une chose indispensable : les arts ne s’exercent souvent que mieux sous la contrainte. Et Nurse Jones est contrainte, d’un bout à l’autre, et son récit lui aussi est contraint… par J (on prononce Djèï) , son homme. Un personnage, celui-là. Un sacré numéro… le bon pour Nurse Jones. Et ils s’aiment, c’est avant tout de cela qu’il s’agit. Loin des préoccupations techniques des amateurs de la « Scène Cuir », ils se font leur cuisine amoureuse. Et ils en jouissent.

            Et Nurse Jones crache dans la soupe ; elle est native de l’Indiana et l’Indiana s’en prend plein la poire, et le Middle West, et l’Amérique, et les hommes, et les femmes aussi. Nul n’est épargné. Et on se marre, on se marre. Et puis… Il faut lire la Liste.

             la Colonne Un de la Liste ne représente qu’un quart environ de tous les écrits de Nurse Jones. Elle a posté sur Internet jusqu’en 94, puis elle a disparu de la scène. J’ai tenté en vain de la contacter. Je suis parvenu à remonter jusqu’à A. C., qui avait retransmis les messages de Nurse Jones en dernier lieu (pour des raisons d’anonymat, elle faisait systématiquement transiter ses messages par une tierce-personne). Mais lui-même ne sait que peu de choses : tout d’abord qu’un traqueur malintentionné avait tenté de remonter à elle, puis qu’elle vivait autre chose. C’était il y a deux ans. Et, qu’un jour, certainement, on la verrait reparaître… Nous attendons. Peter Hoban, de Tasmanie, me dit aussi que le public français serait peut-être plus à même de comprendre la Liste, et de l’apprécier. Car M s’est fait agresser sur Internet. Certains n’aimaient pas sa façon d’être ; de se rebiffer. Le sadomasochisme en tant qu’outil de réflexion sociale… et de féminisme.

            Son ton nous manque ; a-t-on déjà vu une esclave morigéner son maître ? la soumission de Nurse Jones se veut intégrale, mais on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’elle n’a rien de soumise, elle. Et pourtant… Mais je radote, je le sais... mais il s'agit d'une histoire d’amour, alors...

            Voilà, la Liste est donc traduite en Français, et gratis, s'il vous plaît. Peter Hoban m’a encouragé à le faire, ainsi que peu d'autres pelés. Qu’ils -et elles- en soient remerciés. la Liste n’a pas du tout été prévue pour s'imprimer sur papier. J’ai tenté d’en rendre la saveur initiale en restant collé au plus près du récit. Quitte à ce que ça sonne étrange. Mais la Liste *est* étrange. J’ai conservé une partie de la typographie typique de l’Internet d’il y a dix ans, sans toutefois chercher à dérouter le lecteur.

            J’ai par ailleurs pris le parti de respecter le vœu initial de M et J : rester anonymes. Alors j’ai tout bloqué. M a signé son récit d’un autre pseudonyme. Si elle existe en vrai, alors qu’elle aille en paix. Mon souhait le plus cher est de lui foutre la paix, ainsi qu'à son J, et que la Liste francisée  trouve enfin son vrai public. Ça me ferait plaisir, pour eux deux et pour nous tous. Et pour l'inextinguible envie que l'on a, nous autres, d'offrir pour des prunes ce qui vaut de l'or. la vraie littérature, de nos jours, ne semble que se trouver à l'œil sur Internet. Et toc.

            A la Cazelle, le 24 juillet 2000

            Cyprien LURAGHI

 

A la demande générale, je mets en libre téléchargement l'intégralité de la traduction de "la Liste" au format PDF. Il vous faut pour cela le logiciel Acrobat Reader, qui est gratuit et que l'on trouve un peu partout sur le Net. Vous pourrez ainsi vous l'imprimer sur du vrai papier... la chose fait 146 pages, cependant.

Il suffit de cliquer .

Pour les aveugles et autres grands bigleux, je joins aussi une version RTF du texte. Ici.

Pour les autres, c'est juste en dessous que ça se passe...

 

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